Le closing, présidé le 12 mai 2026 à Yaoundé par Louis Paul Motazé, marque la reprise en main par l’État d’un pilier du système bancaire
C’est désormais officiel. L’État du Cameroun a bouclé le rachat de Société Générale Cameroun. La cérémonie de closing, tenue le 12 mai 2026 à l’hôtel Hilton de Yaoundé sous la présidence du ministre des Finances Louis Paul Motazé, a acté le transfert définitif des actions du groupe français. Montant de la transaction : 129 milliards FCFA. L’établissement change de nom et devient General Bank of Cameroon.
Un tournant historique pour le paysage bancaire
Avec plus de 60 ans de présence au Cameroun, Société Générale Cameroun faisait partie des banques les plus anciennes et structurantes du marché. Son rachat par l’État marque une rupture dans la physionomie du secteur financier national, longtemps dominé par des filiales de groupes étrangers.
« Cette opération s’inscrit dans la volonté du gouvernement de renforcer la souveraineté financière du pays », a déclaré Louis Paul Motazé devant les autorités, partenaires et acteurs du secteur présents à la cérémonie.
Renforcer la résilience et l’inclusion financière
Le ministre des Finances a profité de l’occasion pour réaffirmer les priorités du gouvernement : consolider la stabilité du système bancaire, améliorer le climat des affaires et bâtir une offre bancaire « moderne, compétitive et inclusive ».
L’ambition affichée pour General Bank of Cameroon est claire. La banque devra jouer un rôle de levier pour financer la transformation structurelle de l’économie camerounaise : soutien aux PME, financement des projets d’infrastructure, accompagnement des filières agricoles et industrielles.
« Nous voulons une banque capable d’accompagner les ambitions du pays en matière d’industrialisation et d’inclusion financière », a insisté le ministre.
Un repositionnement stratégique
Le changement de dénomination acte la fin de l’ère Société Générale au Cameroun. General Bank of Cameroon devient une banque 100% publique, placée sous la supervision de l’État camerounais.
Cette reprise en main s’inscrit dans un mouvement plus large observé en Afrique centrale et de l’Ouest, où plusieurs États reprennent le contrôle d’actifs bancaires stratégiques. L’objectif est de mieux aligner les politiques de crédit sur les priorités nationales de développement.
Ce qui change pour les clients
Pour l’heure, les autorités assurent la continuité du service. Les comptes, cartes et engagements en cours restent valables. La transition se fera progressivement, avec une communication attendue sur la nouvelle gouvernance, la stratégie commerciale et les produits que proposera General Bank of Cameroon.
Le gouvernement mise sur cette banque publique pour élargir l’accès au crédit, notamment dans les zones rurales et auprès des jeunes entrepreneurs. L’enjeu est aussi de réduire la dépendance aux financements extérieurs pour les projets structurants.
Un signal aux investisseurs
En bouclant cette opération à 129 milliards FCFA, l’État envoie un double signal. D’un côté, il réaffirme son engagement à stabiliser et moderniser le secteur financier. De l’autre, il montre sa volonté d’assumer un rôle plus actif dans l’allocation du crédit pour soutenir la croissance.
Reste à voir comment General Bank of Cameroon se positionnera face à la concurrence des banques privées nationales et étrangères encore présentes sur le marché camerounais.
Angèle DJEMO










