Le symbole était sous les pieds des 800 participants. Pas de carrelage importé de Chine qui se fissure à 45°C. Le sol de la nouvelle salle polyvalente est en marbre de Figuil. 9 milliards de gisement, 52 800 m² produits par an. C’est par cette image que le Pr de l’Université de Maroua a ouvert et conclu la JMH 2026 : « Un toit digne pour chaque famille, c’est plus qu’un logement, c’est bâtir une nation ».
Le capital : 149,66 milliards qui dorment

Le Fonds Universitaire FUFD a chiffré ce que le MINHDU appelle « un capital stratégique » : argile rouge 8,66 Mds cuissable sans ciment, marbre Figuil 9 Mds, silice pour verre plat 67 Mds, sables, pierres, or et graphite de Waza 65 Mds. Total : 149,66 Mds.
Pourquoi ce trésor ne sort pas de terre ? Six verrous présentés en salle : budget public limité, formalités fragmentées, foncier difficile, crédit cher, déficit de normes ANOR et capacités limitées des CTD.
La solution : 6 micro-usines, pas une cimenterie
La Piste N°1 des 7 pistes opérationnelles change de paradigme. Fini la grosse usine à 20 milliards à Douala. Place à 6 unités semi-mécanisées régionales en PPP, posées sur le gisement même : presse à BTC à Mokolo, briqueterie four biomasse, pavés micro-béton, céramique, micro-cimenterie verte, taille de pierre à Figuil.
A la clé, une chaîne de valeur à 3 emplois décryptée sur slide : directs (opérateurs de presse), indirects (maçons formés à la BTC, mécaniciens) et entrepreneuriat (l’étudiant de l’ENSPM devient patron).
Le cerveau : FUFD et MIPROMALO

Le dispositif repose sur l’ENSMIP (mines), l’ENSPM (génie civil) et le FUFD. Quatre missions : certifier la terre sans ciment importé, former avec le MIPROMALO, incuber les start-up de la brique et fournir la base de données aux mairies.
La méthode : Les 6 missions CARPA et les 3 principes d’or
C’est la double slide qui a fait basculer le colloque.
D’abord, les 6 missions du CARPA, l’organisme expert au centre de l’écran vert :
1-Identifier le gisement, 2-Évaluer la faisabilité technique et sociale (consultation du village obligatoire), 3-Structurer le montage PPP, 4-Passer et réguler le contrat selon le Code Général des CTD et le Code d’Incitation, 5-Suivre avec transparence les emplois créés, 6-Former.
Ensuite, les 3 principes d’or pour structurer chaque projet :
1. Le bon risque au bon acteur. Le géologue FUFD porte le risque sol, la Mairie porte le risque foncier, le jeune PME porte le risque de production.
2. Des engagements soutenables. On calcule en coût complet sur 20 ans. Une maison en BTC reste à 28°C sans clim.
3. Une valeur démontrée. On prouve que la brique locale est moins chère que le parpaing importé, une fois posée et entretenue. Comme l’a dit le Pr : « Il faut regarder les emplois et la transparence. Il faut une demande qui est visible ». La Mairie affiche 2 salles de classe à construire en BTC, la banque verte est rassurée et débloque.
L’alliance à 4 : un projet de société


Dernière slide, titre en vert : « Un projet de société, une alliance à organiser ».
- L’État cadre et facilite (Code, label ANOR)
- Les CTD organisent et ordonnancent (foncier et commande publique garantie – Piste 2)
- Le secteur privé investit (les 6 micro-unités)
- Les PTF apportent expertise et financement climatique (Recommandation 5 : lignes de crédit à 5% pour les jeunes)
Les 7 pistes et 6 recommandations officielles sont désormais sur la table du SG du MINHDU : cartographier avec MIPROMALO, lancer les filières pilotes, intégrer le matériau local dans les marchés publics, former et normaliser, financer les jeunes, et gouverner durablement les carrières.
Le compte à rebours est lancé

« Que cela devienne le cadre de la vision… dès les prochains mois, les projets structurants ».
Première cible annoncée en coulisses : l’unité de Mokolo pour les 8,66 Mds d’argile rouge. Conditions : Fonds de faisabilité FUFD, convention foncière CTD et consultation sociale préalable.
Maroua ne demande plus une subvention. Elle propose un contrat : on ne donne plus la brique, on donne la carrière.
Angèle DJEMO










