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EBOLA : LE CAMEROUN ACCÉLÈRE SA PRÉPARATION, ZÉRO CAS ENREGISTRÉ

Face à un cas déclaré dans un pays voisin avec lequel il partage 11 districts de santé, le Cameroun renforce sa préparation contre la maladie à virus Ebola. Le Ministère de la Santé Publique l’assure : aucun cas n’est enregistré sur le territoire national.

« Nous sommes aujourd’hui dans le cas de la préparation simplement. Le Cameroun jusqu’à aujourd’hui n’enregistre aucun cas de la maladie à virus Ebola. »

Le message du Ministre de la Santé est clair, répété à plusieurs reprises devant la presse à l’issue d’une réunion de haut niveau tenue avec l’OMS et le Health Cluster. Pas de panique, mais pas de relâchement non plus.

25 RÉUNIONS DEPUIS MAI

La riposte camerounaise ne date pas d’hier. Depuis la déclaration de l’épidémie comme urgence de portée internationale en mai dernier, 25 réunions de préparation ont déjà été tenues.

« Ça c’est la démarche pour toute épidémiologie. Il vaut mieux préparer que de répondre à la crise lorsqu’elle est là. Ça nous coûte deux fois plus de venir répondre simplement à la crise que d’être préparé », a insisté le Ministre en ouverture.

Avec l’enregistrement d’un cas dans un pays « très proche », le Gouvernement a décidé d’accélérer. Les objectifs de la réunion étaient triples :

1. Empêcher l’introduction du virus en redoublant la surveillance aux portes d’entrée.
2. Garantir la capacité nationale à détecter précocement, confirmer, isoler et prendre en charge tout cas suspect.
3. Mobiliser l’ensemble des partenaires, administrations et médias autour de la sensibilisation.

Le plan national de préparation et de réponse vient d’être actualisé et sera soumis au Premier Ministre, Chef du Gouvernement.

LES 3 DÉFIS MAJEURS SELON L’OMS

Prenant la parole à la suite du Ministre, le Représentant résident de l’OMS au Cameroun a présenté la particularité de la présente épidémie, qui pose trois défis.

Premier défi, épidémiologique : « L’épidémie a circulé à bas bruit au niveau communautaire longtemps avant qu’elle ne soit détectée. » Conséquence : de nombreux contacts sont « dans la nature », difficiles à retracer, avec l’apparition de « cas orphelins » non liés à une chaîne de transmission connue.

Deuxième défi, technologique : Il n’y a pas de vaccin disponible. « Le vaccin qui marche comme la souche Zaïre n’est pas homologué contre cette souche et n’est pas éprouvé. » La stratégie de vaccination en ceinture autour des cas, utilisée lors des épidémies précédentes, n’est donc pas possible.

Troisième defi, Sociopolitique: L’épidémie sévit « dans une zone d’insécurité et de rébellion », avec « des difficultés d’accès, de l’insécurité, des attaques contre le personnel de santé et les installations sanitaires. » L’OMS Cameroun a déjà déployé 3 collègues, dont 2 sont sur le terrain.

Concernant le cas importé au Nigeria, l’OMS estime que la situation « pourrait être sous contrôle » car détecté à temps, « à moins que le malade ait occulté une partie de son histoire. »

CONSIGNE AUX MÉDIAS : INFORMER SANS AFFOLER

« Notre communication doit aller dans ce sens. Ne pas créer de la panique mais tout en renseignant suffisamment sur les risques. Le risque est là », a martelé le Ministre.

Même consigne à la presse : porter la bonne information, sensibiliser la population au respect des mesures de santé et à la détection des cas suspects, sans amoindrir le risque ni créer de panique.

Dans la continuité de cette approche, le Ministère, l’OMS et le Health Cluster portent le thème « Agir pour l’humanité : Ensemble pour une transition humanitaire durable, des systèmes de santé plus forts et antifragiles, des communautés plus résilientes. »

Un système antifragile, qui devient plus fort après le choc.

Angèle DJEMO

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