Nganou Djoumessi exige des résultats visibles et met la pression sur la Boucle de la Lekié



80 projets passés au crible les 5 et 6 mai à Yaoundé. Cap fixé : 60 km/h sur 18 157 km de réseau structurant. 57% d’exécution pour la Lekié, le MINTP réclame un chronogramme
Tour de vis au Ministère des Travaux Publics. Emmanuel Nganou Djoumessi a ouvert ce lundi 5 mai la revue des projets d’infrastructures routières en cours et programmés pour 2026. Deux jours pour passer au crible près de 80 projets répartis sur l’ensemble du territoire.
« Changement de paradigme » et exigence de résultats
Dès l’ouverture, le Maître d’Ouvrage a appelé les acteurs à un « changement de paradigme dans le suivi des projets routiers ». Pour le MINTP, la mobilisation des entreprises et des missions de contrôle ne suffit plus : « Le suivi des projets doit se caractériser par une amélioration perceptible de la circulabilité sur les axes ».
Le Ministre a salué les « progrès enregistrés ces derniers mois », notamment sur Yaoundé–Douala et Edéa–Kribi, tout en appelant à « maintenir ou intensifier les efforts ». Objectif des échanges : faire émerger les contraintes pour y apporter des « solutions concertées ».
Contrats signés : zéro décalage toléré
Sur les contrats récemment conclus, dont Ngaoundéré–Garoua et Edéa–Kribi, Nganou Djoumessi a exigé « une clarification immédiate du niveau effectif de démarrage des travaux ». L’enjeu : éviter tout décalage entre la contractualisation et la mise en œuvre sur le terrain.
Le nouveau standard : 60 km/h minimum
Cap fixé pour le réseau routier structurant de 18 157 km : « garantir une circulabilité continue, avec une vitesse moyenne d’au moins 60 km/h », que les routes soient bitumées ou en terre. Le journal de chantier, « outil de traçabilité », devient obligatoire et doit être « tenu de manière régulière et exhaustive ».
Focus Lekié : 57% réalisés, pression sur la section urbaine
Parmi les projets examinés, la réhabilitation de la Boucle de la Lekié a fait l’objet d’instructions fermes. Confiés à Arab Contractors Cameroun pour 31 099 976 130 FCFA TTC sur 81,5 km, les travaux affichent un taux d’exécution de 57,03% au 5 mai 2026.
Si les interventions se poursuivent « malgré quelques contraintes », le MINTP veut un calendrier clair : l’entreprise doit établir « un chronogramme d’achèvement des travaux pour une bonne évolution de ces derniers ». Sur le terrain, les équipes ont déjà renforcé les interventions sur la section urbaine, sur instruction du Maître d’ouvrage.
Autre point noir : la pente qui mène à la rivière Ngobo, via Evodoula. Le Ministre a exigé son « traitement impératif » afin de rétablir une bonne circulation. Pour sécuriser la fin de chantier, les délais de la Mission de Contrôle et des prestations supplémentaires ont été prolongés.
Des conclusions seront arrêtées au terme des assises du 6 mai pour encadrer l’action des différents acteurs dans les semaines à venir. Avec 80 projets sous revue et 31 milliards engagés rien que dans la Lekié, le message est clair : place aux chronogrammes et aux résultats visibles.
Angèle Djemo









