Il a suffi de quelques heures de pluie pour paralyser le centre-ville. Le 4 juin, Yaoundé s’est réveillée sous les eaux. Pas de pertes en vies humaines, mais des dégâts matériels lourds. En cause : le Canal du Mfoundi, artère d’évacuation des eaux, bouché et affaissé. Réaction immédiate : la Ministre de l’Habitat, Célestine KETCHA COURTÈS, a ordonné le curage d’urgence.
Un canal asphyxié par les débris et les travaux
Le scénario est classique mais redoutable. De fortes pluies diluviennes s’abattent sur la capitale. L’eau monte, cherche une issue, et se heurte à un mur. Littéralement. L’effondrement d’un mur de soutènement a emporté plusieurs voies d’écoulement du Canal du Mfoundi.
Pire : lors des travaux de reconstruction, des blocs rocheux ont été déversés directement dans le drain. Résultat, l’infrastructure s’est transformée en barrage. L’eau a débordé, inondé les rues, les commerces et les habitations du centre-ville. Un rappel brutal de la vulnérabilité de Yaoundé face aux eaux de ruissellement.
Curage d’urgence, puis solutions de fond
Consciente du danger, la Ministre du MINHDU n’a pas attendu. Instruction donnée : dégager immédiatement l’infrastructure obstruée. Des engins ont été mobilisés pour sortir les roches, les gravats et les déchets qui étranglaient le canal. Objectif : redonner sa capacité d’évacuation au Mfoundi avant la prochaine averse.
Mais le curage n’est qu’un pansement. Pour éviter que Yaoundé ne redevienne une piscine à chaque saison des pluies, Célestine KETCHA COURTÈS mise sur 3 grands chantiers :
- Le Projet d’assainissement de Yaoundé : moderniser les réseaux d’eaux usées et pluviales dans les quartiers denses.
- Le Projet de lutte contre les inondations à Douala et Yaoundé : financé par la Banque mondiale, il vise à élargir, bétonner et protéger les principaux drains des deux capitales économiques.
- Le Projet villes et gestion foncière durable : pour encadrer l’urbanisation anarchique, réduire les constructions sur les lits de rivières et sécuriser le foncier.
Au total, plus de 200 milliards FCFA sont engagés sur ces programmes. L’ambition est claire : passer de la gestion de crise à la prévention durable.
Le défi de l’urbanisme et de la discipline collective
Car le problème ne vient pas que du ciel. Les experts le répètent : les inondations à Yaoundé sont aggravées par les constructions anarchiques sur les zones marécageuses, le manque d’entretien des drains et les déchets jetés dans les caniveaux.
Le message du MINHDU est double. D’un côté, l’État investit massivement pour muscler les infrastructures. De l’autre, il appelle à la responsabilité des citoyens et des collectivités : ne plus construire dans les zones à risque, ne plus boucher les caniveaux avec les ordures ménagères.
Le curage du Canal du Mfoundi a commencé. La vraie bataille, elle, sera de changer les habitudes pour que Yaoundé respire, même sous la pluie.
Angèle DJEMO










