Fini le transport subi. Yaoundé veut passer à un réseau structuré, rapide et propre. La semaine dernière, mission terrain pour caler les derniers détails techniques d’un futur partenariat public-privé qui va révolutionner la mobilité dans la capitale. Objectif : 20 ans de gestion professionnelle pour désengorger la ville et rendre les déplacements fluides pour tous.
Du diagnostic à l’action : 5 millions de déplacements à fluidifier chaque jour
Aujourd’hui, Yaoundé étouffe. Embouteillages, temps de trajet qui explose, bus qui galèrent. Avec plus de 5 millions de déplacements quotidiens et sans réseau structuré, la capitale a atteint ses limites. La réponse du Gouvernement : passer d’un transport artisanal à un système intégré, pensé comme dans les grandes métropoles.

La mission conjointe MINHDU + bureau d’études français est venue vérifier sur le terrain : tracés, dépôts, ateliers, interconnexions. Il s’agit de valider la faisabilité technique avant de lancer le PPP sur 20 ans. Un contrat long pour attirer des investisseurs et garantir un service durable.
Le cœur du projet : 3 piliers pour changer la donne
Le futur réseau ne sera pas juste “plus de bus”. Il repose sur 3 axes :
- Un Bus à Haut Niveau de Service BHNS/BRT : des couloirs réservés, des stations modernes, une fréquence régulière. L’idée : un métro de surface qui traverse la ville sans être bloqué par les embouteillages.
- Des lignes de rabattement : des minibus et taxis structurés qui amènent les habitants des quartiers vers les stations BHNS. Fini les ruptures de charge et les marches interminables.
- Une intermodalité pensée : gares, pôles d’échanges, parkings relais. On monte, on descend, on change de mode sans perdre de temps.

Le tout sera connecté à la vision “Yaoundé, ville durable” portée par le MINHDU : moins de pollution, plus d’espaces pour les piétons, moins de stress pour les usagers.
Transfert de compétences : Yaoundé forme ses propres experts
Point clé du contrat : ce n’est pas un service clé en main qui repart après 20 ans. Le groupement Voisin + partenaire français intègre un volet formation massif.
Objectif : monter en compétence les techniciens, conducteurs, gestionnaires et ingénieurs camerounais. Maintenance des bus, exploitation des systèmes, gestion des dépôts… Yaoundé veut récupérer l’expertise pour être autonome demain.

Un pari gagnant-gagnant : des emplois qualifiés créés localement et un réseau qui vit même après la fin du contrat.
Et après ? Vers un lancement du PPP
La mission de terrain boucle la phase de diagnostic. Prochaine étape : finaliser l’offre technique et financière, puis lancer officiellement le processus de Partenariat Public-Privé.
Pour le Gouvernement, l’enjeu dépasse le transport. C’est un projet urbain global : désengorger le centre-ville, réduire la pollution de l’air, créer des emplois, rendre Yaoundé plus attractive pour les investisseurs.
La promesse est claire : dans quelques années, prendre le bus à Yaoundé ne sera plus une galère, mais un choix de mobilité digne d’une capitale moderne. Le compte à rebours est lancé.
Angèle DJEMO








