Routes en terre, stabilisation, entretien à moindre coût. Le Ministre des Travaux Publics Emmanuel NGANOU DJOUMESSI a reçu le 16 juin le Haut-Commissaire de l’Inde S.E. VIJAY KHANDUJA. Objectif : importer l’expertise indienne pour entretenir le réseau routier camerounais. Avec 300 millions de consommateurs en Afrique centrale à portée, Yaoundé veut attirer les entreprises indiennes spécialisées dans les techniques modernes. Bonus : formation gratuite des cadres MINTP via le programme ITEC.
- Le défi camerounais : entretenir des milliers de km de pistes en terre
Le ministre a posé le problème : l’un des axes majeurs de collaboration avec l’Inde porte sur “l’entretien du réseau routier, en particulier les routes en terre, qui représentent encore une part importante du réseau national”.
Constat : bitumer coûte cher et prend du temps. Or les pistes en terre se dégradent vite sous la pluie et avec le trafic. D’où l’intérêt pour les “solutions innovantes d’entretien routier” et les “techniques modernes de stabilisation” que maîtrisent les Indiens.
Atout Cameroun mis en avant : pays au cœur d’un vaste marché sous-régional de plus de 300 millions de consommateurs. Pour une entreprise indienne, s’installer ici = base pour rayonner sur toute l’Afrique centrale.
- L’offre indienne : savoir-faire + investissements + formations
Le Haut-Commissaire a rappelé les projets déjà réalisés par l’Inde au Cameroun et souligné “l’intérêt croissant des entreprises indiennes pour les opportunités d’investissement qu’offre le marché camerounais”.
3 volets de coopération explorés :
- Solutions techniques : stabilisation des sols, matériaux locaux, entretien préventif à coût réduit pour rendre les pistes praticables toute l’année
- Investissements : entreprises indiennes prêtes à s’implanter pour construire et entretenir, pas seulement livrer du matériel
- Formation : Programme ITEC = Indian Technical and Economic Cooperation. Chaque année, l’Inde offre des formations gratuites aux administrations partenaires. Travaux publics, gestion des infrastructures… Plusieurs cadres du MINTP en ont déjà bénéficié par le passé.
Le ministre a salué cette opportunité et réaffirmé “la disponibilité du Cameroun à accompagner toute entreprise désireuse de développer des solutions adaptées à l’entretien routier”, avec des perspectives qui peuvent bénéficier aussi aux pays voisins.

Le cap : moins de routes coupées, plus de mobilité économique
Cette audience intervient 24h avant la réunion MINTP-BAD du 17 juin pour débloquer Logone, Ngaoundéré-Garoua, Edéa-Kribi. Complémentarité claire :
- BAD finance les grands axes bitumés et les ponts structurants
- Inde apporte des techniques pour maintenir praticables les routes secondaires et pistes en terre qui désenclavent les bassins de production cacao, café, bois
Avec le tarif douanier zéro chinois ouvert depuis 1er mai 2026 pour cacao, café, bois transformé, l’urgence est double : construire les grands axes, mais aussi entretenir les pistes qui amènent la production jusqu’aux axes principaux.
Angèle DJEMO










