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FONDS ROUTIER : LA DÉMATÉRIALISATION DES DÉCOMPTES AU CŒUR D’UN ATELIER À BIKOK

887 millions FCFA investis à Bikok depuis 2020. L’Administrateur forme les cadres du MINHDU et du MINTP pour sécuriser les paiements et réduire les délais.

La Commune de Bikok a abrité un atelier de formation des délégués régionaux et départementaux du MINHDU et du MINTP à l’utilisation de la plateforme de dématérialisation des décomptes et des cautions. Un outil clé de la SND30 pour en finir avec les faux décomptes et les retards de paiement.

BIKOK, Mefou-et-Akono C’est dans le cadre idyllique du complexe hôtelier de la localité que le Fonds Routier a réuni ses partenaires. Un symbole fort pour la Commune.

Dans son mot de bienvenue, le Secrétaire Général de la Commune de Bikok, représentant Madame le Maire empêchée, a tenu à remercier l’Administrateur pour sa fidélité.

« Monsieur l’Administrateur, il nous tient à cœur de vous exprimer notre sincère gratitude pour la confiance, une fois de plus renouvelée au complexe, après les travaux du 19 février 2026 dernier », a-t-il déclaré.

Bikok : 39 000 habitants, 57 villages et 887 millions du Fonds Routier

L’occasion pour le SG de présenter sa commune : « Bikok est un territoire de 1 200 km² niché au sein du département de la Mefou-et-Akono, où vivent paisiblement près de 39 000 âmes réparties en 57 villages, majoritairement peuplés de Bene, aux côtés d’autres composantes ethniques dans un grand modèle de vivre-ensemble. Ces populations tirent principalement leur subsistance de la terre et du petit commerce. »

Une commune qui, malgré une économie encore modeste, affiche une vision qu’il a présentée comme « un train de l’espoir lancé sur les rails de l’avenir et composé de dix wagons indissociables : l’éducation, la protection sociale, l’environnement et les loisirs, la santé, l’eau et l’assainissement, l’énergie, la nutrition, la participation citoyenne, la mobilité, l’égalité des genres. »

Et la mobilité, a-t-il insisté, dépend de la qualité du réseau routier. D’où la pertinence de l’atelier, qui « contribuera indéniablement à un saut qualitatif dans le suivi de l’exécution physico-financière de nos infrastructures routières. »

Bilan chiffré à l’appui : « Bikok a ainsi bénéficié de projets financés par le Fonds Routier pour les exercices 2020, 2021, 2023 et la période de 2025 à 2027 en cours, de plusieurs interventions salvatrices d’un coût cumulé de 887 millions de francs CFA. Je répète, 887 millions. »

Avant de conclure : « Recevez par ma voix les remerciements sincères de Madame le Maire et des populations bénéficiaires. Nous émettons le vœu que votre action se poursuive et se renforce. Vive le Fonds Routier, vive la Commune de Bikok, vive le Cameroun et le Président de la République, Paul Biya. »

Dématérialisation : la réponse du Fonds Routier aux faux décomptes

Dans son allocution d’ouverture, l’Administrateur du Fonds Routier a replacé l’initiative dans la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030.

« Cette modernisation constitue un axe majeur de la SND30. Elle vise à renforcer l’efficacité de l’administration publique à travers la digitalisation, la biométrie, le suivi numérique et la dématérialisation des procédures », a-t-il rappelé.

Au cœur du problème, le paiement des entreprises. « Exposé au risque de paiement sur la base de faux décomptes et de fausses cautions, le Fonds Routier avait instauré une procédure consistant à demander aux maîtres d’ouvrage de confirmer l’authenticité de chaque décompte avant tout paiement. Si cette procédure a renforcé la sécurité, elle a occasionné un allongement des délais de traitement et de paiement. »

La réponse : une plateforme de dématérialisation développée en partenariat avec le Ministère des Transports.

Trois résultats probants déjà enregistrés selon lui :

1. La réduction significative des délais de traitement et de paiement ;
2. La garantie de l’authenticité, de l’intégrité et de la non-répudiation des documents sensibles ;
3. Le renforcement de la confiance des partenaires.

Le présent atelier s’inscrit dans l’extension du dispositif au MINHDU et au MINTP. Les chiffres parlent : en 2023 et 2025, 69 responsables du MINTP et du MINTRANS formés, près de 600 décomptes dématérialisés pour le seul exercice 2025, et 4 responsables des banques et compagnies d’assurances formés en juillet 2025.

Le programme de Bikok prévoyait deux exposés – sur l’encadrement juridique de la signature électronique et sur les fonctionnalités de la plateforme – suivis de travaux pratiques pour favoriser l’appropriation.

« Les plaintes persistent ? Nous venons apporter des solutions »

Interpellé sur la persistance des plaintes sur le terrain malgré les formations, l’Administrateur a répondu sans détour :

« L’atelier qui se tient ce jour, c’est dans la continuité des ateliers que nous avons déjà commencé. Les acteurs ont certainement des difficultés et c’est pour cela que nous organisons de manière régulière ces ateliers pour qu’ils posent les problèmes qu’ils rencontrent au quotidien et pour que nous apportions des solutions. »

Et de préciser l’enjeu : « Les décomptes, ce sont des documents très importants et très sensibles. Cette plateforme doit non seulement sécuriser le Fonds Routier, mais sécuriser même les ordonnateurs qui sont les premiers responsables des paiements. »

Un satisfecit : « Aujourd’hui nous sommes satisfaits des résultats obtenus. Nous avons beaucoup de décomptes qui ont été validés dans un délai très court. Ce qui ne se faisait pas avant. »

Une démarche qui vise à améliorer la performance globale de l’entretien routier, maillon vital pour des communes comme Bikok qui attendent le désenclavement de leurs bassins de production.

Angèle DJEMO

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