Au lancement de la 64e Journée de la femme africaine à Yaoundé, le ministère de l’Habitat a dévoilé les grandes orientations de l’État pour améliorer la salubrité urbaine et appelé les femmes à s’en emparer.
La propreté des villes camerounaises et de l’Afrique Centrale passera par les femmes. C’est l’engagement réaffirmé ce lundi à Yaoundé par le Ministre de l’Habitat et du Développement Urbain, à l’occasion du lancement de la 64e session de la Journée de la femme africaine.
La cérémonie s’est tenue dans la salle Ongola Samba du Conseil régional du Centre. Elle était présidée par la Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, en présence du Ministre des Enseignements Secondaires et de plusieurs représentantes de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale, la CEEAC.
Placée sous le thème « Vers des villes durables et sans déchets », cette édition 2026 veut mettre en lumière le rôle des femmes dans la transformation des espaces urbains.
Salubrité urbaine : deux chantiers prioritaires

Prenant la parole, le MINHDU a salué l’initiative du comité d’organisation et la pertinence d’un thème qui lie directement cadre de vie et dynamique communautaire.
Il a ensuite dressé l’état des lieux des actions gouvernementales. Deux priorités ont été mises en avant.
D’abord, l’élaboration en cours d’une politique nationale de gestion des déchets. Un document cadre qui doit harmoniser les interventions des communes, du secteur privé et des communautés.
Ensuite, la campagne « Villes Propres ». Lancée sur l’ensemble du territoire, elle vise à mobiliser les populations autour de l’assainissement des quartiers. Le bilan à mi-parcours sera présenté en octobre prochain à Maroua, lors de la célébration de l’édition 2026 de la Journée mondiale de l’Habitat.
« Nous avons besoin de résultats concrets et visibles avant 2030. Le temps presse et l’action doit se décentraliser jusqu’au niveau du ménage », a déclaré le Ministre.
Les femmes, maillon essentiel de la chaîne

À quatre ans de l’échéance des Objectifs de développement durable, le MINHDU a insisté sur la nécessité d’accélérer les actions locales. Pour lui, la réussite des politiques publiques dépend de leur appropriation par les premiers acteurs du quotidien.
« Les femmes gèrent le foyer, éduquent les enfants, organisent la vie du quartier. Ce sont elles qui décident si les ordures finissent dans une poubelle ou dans le caniveau. Nous les appelons à porter ces politiques et à en garantir le succès sur le terrain », a-t-il insisté.
Ce plaidoyer fait écho à l’esprit même de la Journée de la femme africaine. Instituée pour valoriser la contribution des femmes au développement du continent, la journée rappelle chaque année les enjeux d’égalité de genre et d’autonomisation.
Elle vise également à attirer l’attention sur les difficultés spécifiques rencontrées par les femmes : accès inégal aux services urbains de base, à la santé, à l’éducation et à la prise de décision locale.
Cap sur Maroua en octobre

En clôturant son intervention, le MINHDU a invité les délégations de la CEEAC à partager les bonnes pratiques de leurs pays et à renforcer la coopération régionale en matière de gestion des déchets et d’aménagement urbain résilient.
Le prochain temps fort est donc fixé à Maroua. La ville de l’Extrême-Nord accueillera en octobre la Journée mondiale de l’Habitat 2026. Ce sera l’occasion de publier les premiers résultats de « Villes Propres » et de mesurer l’impact des initiatives communautaires, en particulier celles portées par les femmes.
Pour le gouvernement, l’objectif est clair : faire du Cameroun et de la sous-région un exemple de villes propres, durables et résilientes, en faisant des femmes le moteur du changement.
Angèle DJEMO










