Le Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain a franchi un cap ce lundi. Le MINHDU a signé avec l’ONG La Route des Chefferies une convention de partenariat de trois ans pour inventorier, valoriser et préserver le patrimoine architectural national, tout en l’intégrant aux politiques d’aménagement urbain.
La cérémonie intervient en cette première année du mandat du Président Paul Biya. Pour le Ministre, l’accord s’inscrit directement dans la Stratégie Nationale de Développement SND30 qui place la modernisation des villes au cœur des priorités.
5 axes pour concilier conservation et modernité
La convention s’articule autour de priorités concrètes :
- Inventaire : mise en place d’une base de données nationale géoréférencée recensant les monuments classés, l’architecture vernaculaire, les ensembles urbains historiques et les techniques constructives traditionnelles.
- Valorisation : développement du tourisme culturel, intégration des savoir-faire traditionnels dans les formations professionnelles, appui aux artisans et création de circuits et labels patrimoniaux.
- Préservation : élaboration de Plans de Sauvegarde et de Mise en Valeur, prise en compte des critères patrimoniaux dans les documents d’urbanisme et définition de règlements d’architecture inspirés des modèles traditionnels.
- Aménagement et embellissement urbain : réhabilitation des places publiques, création de corridors verts et de pistes cyclables, réaménagement des fronts de mer, développement de l’art urbain et lancement de quartiers pilotes.
- Partenariats : mobilisation d’acteurs techniques et financiers nationaux et internationaux.

La signature s’est faite en présence de représentants de l’Agence Française de Développement, de la Commission Nationale du Cameroun pour l’UNESCO et l’ISESCO, ainsi que du Conseil International des Monuments et des Sites ICOMOS.
Un « acte de foi » pour l’avenir des villes
Le MINHDU s’engage à approuver chaque année les plans d’action proposés par La Route des Chefferies, à faciliter l’accès aux données et à signer les actes nécessaires à l’exécution du partenariat. De son côté, l’ONG mettra à disposition sa méthodologie et veillera à l’implication des communautés locales et des chefferies traditionnelles.

« Ce n’est pas une simple convention administrative, c’est un acte de foi en l’avenir de nos villes », a déclaré le Ministre. Il a insisté : l’enjeu n’est pas de muséifier le patrimoine, mais de bâtir une approche dynamique qui concilie conservation et modernité.
Des opérations pilotes annoncées
Le partenariat entend faire du patrimoine bâti un levier de développement économique et social. Objectif : créer de la valeur pour les populations locales à travers le tourisme culturel, la formation et l’emploi artisanal.

À l’issue de la signature, le MINHDU et La Route des Chefferies ont annoncé le lancement imminent d’un plan d’actions national. Des opérations pilotes sont prévues dans plusieurs régions du pays pour tester les approches d’inventaire géoréférencé, d’aménagement et de valorisation communautaire.
Angèle DJEMO










