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ÉVALUATION EXTERNE CONJOINTE DU RSI, Le Cameroun affiche des progrès notables, mais doit accélérer ses réformes

Le Cameroun vient de boucler la deuxième édition de son Évaluation Externe Conjointe (Eec) du Règlement Sanitaire International (RSI). Durant cinq jours, du 24 au 28 novembre 2025 à Yaoundé, experts nationaux et internationaux ont passé au crible les capacités du pays à prévenir, détecter et répondre aux menaces de santé publique.

La mission d’évaluation, conduite par 12 experts internationaux aux côtés de spécialistes issus de diverses institutions camerounaises, a permis d’analyser les 19 domaines techniques et 56 indicateurs du Rsi. Ladite analyse montre que le Cameroun a consolidé plusieurs piliers essentiels de la sécurité sanitaire. Parmi les progrès réalisés figurent entre autres l’élaboration d’une cartographie des instruments juridiques soutenant la mise en œuvre du Rsi; la production régulière d’un profil genre par l’Institut National de la Statistique, utile pour mesurer les disparités et intégrer l’approche genre dans les politiques publiques. A mettre également dans le compte des avancées, l’existence d’un budget national dédié à la santé publique; l’intégration progressive du Rsi dans les cadres nationaux de planification et de budgétisation, ainsi que dans les secteurs clés concernés. Notons également, la structuration du Point Focal National Rsi, conformément à l’approche « Une seule santé ». Pour finir, le pays présente un système national de surveillance et d’alerte précoce, ainsi que la mise en place et la validation d’un Plan national multisectoriel de lutte contre la résistance aux antimicrobiens, et l’ existence d’un Plan national de prévention et de contrôle de l’infection, complet et actualisé. Ces acquis constituent une base solide sur laquelle le Cameroun peut s’appuyer pour renforcer son dispositif de sécurité sanitaire, a souligné le Dr Latt Anderson, Epidémiologiste Ivoirien et Point Focal méningite au département de préparation et de réponse aux urgences de l’Oms8, bureau régional pour l’Afrique. Malgré souligne ces progrès, plusieurs l’évaluation insuffisances critiques notamment: L’absence d’un dispositif de suivi et de veille juridique pour garantir l’actualisation régulière des textes liés au Rsi ; le manque d’un mécanisme national structuré de coordination multisectorielle du financement du Rsi; la faible capacité à assurer un décaissement rapide des fonds dédiés aux activités urgentes et la non-formalisation du groupe multidisciplinaire de prévention et contrôle des infections pour ne citer que cela. Ces défis et bien d’autres, selon les experts, doivent être résolument adressés pour permettre au pays de répondre efficacement aux épidémies, catastrophes et autres menaces sanitaires. Des recommandations fortes pour renforcer la sécurité sanitaire Au terme des travaux, l’équipe d’évaluation recommande au gouvernement camerounais de mettre en œuvre l’ensemble des mesures prioritaires identifiées pour chaque domaine technique. Elle suggère également d’élaborer un Plan d’action national pour la sécurité sanitaire, basé sur les résultats de l’évaluation externe et sur l’approche « Une seule santé ». Le Cameroun fait partie des premiers pays à utiliser la 3ᵉ édition de l’outil d’Évaluation Externe Conjointe, témoignant de son engagement à renforcer les capacités nationales de préparation et de riposte. La restitution officielle des travaux s’est déroulée en présence du représentant du Ministre de la Santé Publique M. Eyenga Ndjomo Elysée Amour , Conseiller technique numéro 1 dans ledit ministère, des représentants de la Protection civile, de l’Oms et du Fonds mondial, qui ont salué l’importance de cet exercice pour la consolidation de la sécurité sanitaire du pays. Pour le Ministre de la Santé Publique représenté, « _*le gouvernement camerounais prendra en compte toutes les recommandations issues de cette Eec dans les années à venir, car, elles constituent un bénéfice de plus pour la consolidation de son système de santé.

Angèle Djemo

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