Le ton est optimiste. Le Ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a donné jeudi 6 août à l’Hôtel de Ville de Yaoundé le coup d’envoi officiel de la campagne cacaoyère 2026/2027. Verdict : les indicateurs sont majoritairement positifs pour la filière cacao camerounaise.
La cérémonie s’est tenue en présence du Ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbaïrobe, du Secrétaire général du Minresi, du Secrétaire général des Services du Gouverneur du Centre, de l’honorable Tabot Lawson Bakia, Président du Réseau des parlementaires pour la valorisation des secteurs cacao-café, coton et pêche, et de l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur.
Elle est venue clore deux journées de réflexion sur l’avenir de la filière, dont le Forum sur la rémunération des producteurs, dont les recommandations ont été présentées avant le lancement.
Marché et transformation : deux moteurs au vert
Pour le Mincommerce, la nouvelle campagne démarre « sous des auspices favorables ». Premier signal : le marché international. Après des années de tension sur l’offre mondiale, les cours du cacao sont repartis à la hausse depuis deux mois.
Côté demande, si l’Europe reste atone, l’Asie tire le marché vers le haut avec un potentiel de consommation immense.
Deuxième feu vert : la transformation locale. Le Cameroun affiche désormais une capacité industrielle d’environ 250 000 tonnes, soit l’équivalent de la production commercialisée lors de la campagne précédente. À cela s’ajoute une capacité de près de 200 000 tonnes installée au Nigeria, aux frontières du Cameroun.
« Ces deux facteurs traduisent les progrès réalisés par le pays dans sa stratégie de création de la valeur ajoutée locale et constituent une opportunité unique pour les producteurs camerounais », a souligné Luc Magloire Mbarga Atangana. Ils disposent désormais de débouchés de proximité capables d’absorber l’intégralité de leur production.
Qualité et conformité RDUE : le Cameroun rassure
Troisième point positif : la qualité. Le cacao camerounais s’est imposé parmi les origines les plus recherchées sur le marché international. Un avantage concurrentiel construit grâce aux efforts conjoints de l’Etat et des professionnels.
Quatrième clignotant au vert : la conformité au Règlement de l’Union européenne sur la déforestation, RDUE. Le Ministre a assuré que les dispositifs d’identification des producteurs, de géolocalisation des parcelles et de traçabilité mis en place permettront au Cameroun de répondre aux exigences européennes. De quoi garantir l’accès du cacao camerounais au marché de l’UE.
La rémunération, seul point d’attention
Seul bémol : la répartition de la valeur. Sur ce volet, le clignotant passe à l’orange.
« Autant les producteurs camerounais sont en droit de se sentir heureux de la remontée des cours, autant reste posée la question de la juste répartition de la valeur générée par la fève entre l’ensemble des maillons de la chaîne, le producteur restant jusque-là le parent pauvre », a relevé le Ministre.
Il a appelé à plus de transparence sur le marché intérieur, au même titre que l’exigence imposée au marché international.
Au total
Sur 5 indicateurs clés, 4 sont au vert : reprise du marché, forte capacité de transformation locale, qualité reconnue, et conformité RDUE. Le seul point de vigilance porte sur une rémunération plus équitable des producteurs.
Conclusion du Mincommerce : « La campagne 2026/2027 s’annonce comme une bonne campagne pour les producteurs en termes de prix ». Le gouvernement promet de poursuivre les efforts pour que la hausse des cours bénéficie directement à ceux qui cultivent la fève.
Angèle DJEMO








