Il a convoqué tout le monde. Les techniciens du ministère, les patrons des sociétés de maintenance, et surtout, le bilan. Hier, le Ministre des Travaux Publics a présidé une séance de vérité sur les stations de pesage. Et le verdict est tombé : on tourne la page.
Depuis trois ans, le système tenait avec des bouts de ficelle. Pas de nouveaux contrats. Juste des ordres de service. Résultat ? Des bascules rouillées, des hangars qui fuient, des pannes qui s’éternisent et des vérifications métrologiques oubliées.
Face au Ministre, six entreprises ont baissé la tête : ETRACO, SGTE, FOTI SARL, ETIENNE ENTREPRISE, SOEQUIT et A2I SARL. Elles reconnaissent les manquements. Elles expliquent aussi : sans cadre contractuel clair depuis 2023, pas de financement, donc pas de miracle.
Le Ministre n’a pas négocié. Il a tranché.
Dix jours. C’est le délai donné pour boucler les nouveaux contrats.
Trois ans à régulariser. De 2023 à août 2026, toutes les prestations effectuées dans le flou administratif devront être apurées avant le démarrage officiel.
Zéro prorogation. Les contrats actuels iront jusqu’au bout, puis place nette.
Mais le plus important est dans la dernière ligne. Les prochains contrats ne seront pas une copie des anciens. Le MINTP impose une nouvelle grammaire :
- Digitalisation : fini les registres poussiéreux, place aux données en temps réel
- Suivi renforcé : chaque intervention sera tracée, chaque panne comptée
- Maintenance préventive : on n’attend plus que ça casse pour réparer
« Nous voulons un dispositif de pesage à la hauteur des enjeux », a martelé le Ministre. Traduction : des routes moins abîmées par la surcharge, des contrôles plus transparents, un service qui respecte l’usager.
L’audit est passé. L’assainissement commence. Dans dix jours, le décor change.
Angèle DJEMO










